Saviez-vous que 11 millions de Français souffrent de la solitude ?
Selon une étude de la Fondation de France, en 2023, 12 % des Français se trouvent en situation d’isolement total, et une personne sur 3 n’a aucun ou qu’un seul réseau de sociabilité. En ce qui concerne le sentiment de solitude, 1 personne interrogée sur 5 indique se sentir régulièrement seule (21 %).
Si, le grand âge souffre, la jeunesse n’est pas épargnée.
Les géographie de l’isolement se calquent exactement sur celles de la précarité, de la pauvreté.
Les lieux les plus fréquentés par les personnes souffrant de solitude ? … Les centres commerciaux !! Parce que ce sont des lieux gratuits, ouverts, dans lesquels les personnes isolées se sentent moins exposées au regard de l’autre et donc plus légitimes, l’isolement étant souvent corrélé à la précarité.
Lorsque les liens extérieurs ou avec les proches se fragilisent, le foyer devient vite le lieu du retrait, de l’enfermement, de l’ennui. Les aidants de personnes handicapées souffrent de cet état de fait, mais aussi les familles décomposées, les personnes victimes de violence, et les personnes âgées.
Bien souvent, les personnes concernées sont seules, se maintiennent dans des formes de retrait, car elles ne trouvent pas leur place ou ne se trouvent pas légitimes à traverser ou investir un lieu. Le récit approfondis des personnes interrogées souligne tous que la reprise des liens sociaux s’accompagne de la nécessité de s’approprier un espace, de s’ancrer dans un lieu.
Impliquer les personnes accompagnées dans l’organisation, la gestion, l’entretien ou l’embellissement d’un lieu permet d’atteindre deux objectifs qui agissent l’un sur l’autre. C’est en « faisant » que les liens se créent, mais aussi que les personnes concernées passent du simple rôle d’usager à celui de personne participant à l’existence même du lieu. Si le premier rôle renvoie à une posture plus passive, le second met l’accent sur la capacité d’agir. La personne devient alors une ressource pour le lieu et pour les autres, ce qui participe à revaloriser l’estime qu’elle a d’elle-même.
Dans les lieux ouverts par Oykos, chacun contribue à la vie en communauté. Tâches ménagères, bricolage, jardinage, temps de préparation tous ensemble, pour un repas commun, pour célébrer une fête, pour accueillir des visiteurs… Chacun est responsabilisé, ce qui permet de laisser grandir la confiance en soi qui fait souvent défaut.
“Quelque chose qui m’a beaucoup encouragée, ce sont les différents piliers de la maison : jardin – culture – solidarité. C’est important de vivre avec d’autres. C’est une richesse : nous sommes tournés vers l’extérieur grâce à ces projets. Nous organisons des banquets pour les personnes seules – souvent âgées, et nous engageons à travers un lien régulier avec la Croix Rouge et la conférence Saint Vincent de Paul. Nous faisons avec eux maraudes et distributions.
La création du lieu est aussi partagée – ce sont plein de mains qui bâtissent. Chacun offre ses efforts, son temps, son énergie, ses idées, son argent … c’est encourageant de penser que c’est un projet qui naît grâce à l’entraide”.
Solène, résidente dans l’ancien Carmel d’Avignon
